Baudouin IV à paris


pour un mariage entre noblesse locale et française

 Le samedi 21 janvier 2017, le géant Baudouin IV, accompagné de quelques musiciens, a eu l’honneur et le privilège d’animer à Paris le mariage de Jean-Charles de La Hamaide avec Marguerite de Fleurieu, fille aînée du comte et de la comtesse Henri de Fleurieu.

 

C’est en fin d’année 2016 que les premiers contacts furent établis entre le futur marié et Nicolas Lavigne, responsable et chef porteur du géant Baudouin IV, par l’intermédiaire du marquis de Trazegnies et du professeur Christian Cannuyer. Mais pourquoi un géant d’Ath à un mariage unissant deux membres de la noblesse française, me demanderez-vous?

 

Jean-Charles de La Hamaide est le plus jeune des trois derniers descendants en ligne masculine d’André de La Hamaide (1883-1971), un gentilhomme français très attaché aux racines hainuyères de sa famille, que Sa Majesté Baudouin Ier, roi des Belges (et « comte de Hainaut » dès le 10 septembre 1930!), a daigné reconnaître par lettres-patentes du 30 septembre 1965 comme titulaire exclusif du nom, des bannières, des tenants, de la couronne, du cimier, des armoiries pleines et de la devise ancestrale des barons de La Hamaide : Par Force et Par Armes.

L’histoire généalogique de la Maison de La Hamaide, commencée dès l’an 1129, a été dressée sur titres en 1911 par le comte Paul-Armand du Chastel de la Howarderie, spécialiste de l’histoire des grandes familles féodales du comté de Hainaut, dont le territoire historique est aujourd’hui morcelé entre la France et la Belgique. Cet auteur respecté a démontré, à l’aide des sceaux conservés jusqu’à la seconde guerre mondiale dans les dépôts d’archives de Mons et de Tournai, que les armoiries des premiers « libres-sires-bannerets » de La Hamaide (« d’or à la hamaide de gueules ») pouvaient également se blasonner « d’Audenarde bordé d’or ».

 

Ce blasonnement originel, joint au fait que presque tous les anciens armoriaux médiévaux reprennent les armes des La Hamaide à la suite immédiate des comtes de Hainaut-Flandres, leurs suzerains, s’explique très probablement par leur filiation agnatique avec les puissants princes d’Audenarde, premiers beers ou pairs du comté de Flandres. Gérard II de La Hamaide, qui figure également dans d’autres documents contemporains sous l’identité « Gérard d’Audenarde », est d’ailleurs le personnage central d’une charte du 7 avril 1195, octroyée à l’abbaye d’Ename par Baudouin VI de Hainaut et dans laquelle le futur empereur latin de Constantinople le qualifie déjà à cette époque de « miles illustris et probus », illustre et preux chevalier…  

 

Dès la seconde moitié du XIIIème siècle, les La Hamaide furent honorés du titre suprême de « Pair de Hainaut », entré dans leur famille en même temps que l’importante seigneurie de Rebaix-Arc-Ainières par suite d’une alliance matrimoniale, tandis qu’à la génération suivante, le mariage d’Arnould III de La Hamaide avec Alix d’Avesnes, parente immédiate des souverains de Hainaut, allait venir définitivement conforter l’éminente position occupée par leurs descendants dans le comté.

 

Paul-Armand du Chastel a bien mis en lumière l’important rôle politique et militaire joué par les membres de la Maison de La Hamaide, tant en Hainaut qu’en Tournaisis, depuis le haut Moyen âge jusqu’au début du XIXème siècle, époque à laquelle le chef du nom et des armes, gentilhomme français dont le trisaïeul avait brillamment servi le roi Louis XIV au Parlement de Flandres, s’est définitivement établi en France. Tous les descendants masculins issus du mariage du baron Thierry de La Hamaide (1778-1811) avec Marie-Antoinette, fille aînée du baron de Mengin-Fondragon, sont ainsi membres à part entière de la noblesse française.

 

C’est donc à la fois en raison des étroits liens familiaux qui unirent ses ancêtres aux comtes de Hainaut et afin de marquer son attachement aux terres dont ils portèrent le nom, parmi lesquelles figure au premier chef Rebaix, que le futur marié souhaita convier à son mariage un des personnage les plus marquants de l’histoire médiévale de la ville d’Ath, le comte Baudouin IV, dit l’Édificateur (1108-1171).

 

C’est ainsi que vint l’idée de faire déplacer le géant athois dans la capitale française, mais notre posture locale ne s’est pas déplacée seule. Des cornemuses médiévales des Sonneurs du Burbant (groupe musical accompagnant les 19 communes dans le cortège de la Ducasse) étaient également de la partie. Ce délicieux mélange des genres donna une ambiance médiévale toute particulière à l’entrée de la réception.

 



C’est donc une joyeuse bande d’Athois qui débarqua en fin d’après-midi au Cercle France-Amériques, installé au coeur du triangle d’or dans l’ancien hôtel particulier des comtes Le Marois, à 200 mètres des Champs-Élysées. Sans aucun doute que la prestation de nos locaux ne laissa pas les Parisiens indifférents ! Dès le montage de la posture, ils étaient plusieurs dizaines à se regrouper autour du géant. « Comment est-ce fait ? » « Combien pèse-t-il ? »  « Et vous êtes seul là-dessous ?! » « Ah, vous êtes Belges, on comprend tout... Vous avez les plus beaux géants ! » Notre réputation n’était déjà plus à faire…

 

En quelques mots, voici le récit de cette journée :

 

12h30

Tout le monde se donne rendez-vous en ville pour prendre le bus, direction Paris ! Le voyage se passe dans le bonne humeur, après un hiver à rester chez soi, c’est tout de même bon de reprendre la saison. «Purée Karel, tu ne vas pas encore nous mettre un DVD de Ducasse ?! » 

17h00

Nous arrivons à Paris, à hauteur de l’Hôtel des Invalides, où nous laissons nos compères Sonneurs du Burbant qui ont pour mission d’égayer de leurs airs ancestraux la sortie de la messe nuptiale, célébrée dans la cathédrale Saint-Louis. Avant d’entrer, il faut passer le portique de sécurité bien gardé par l’armée française. Habillé en troubadour, au milieu de la foule des visiteurs du Musée de l’Armée, aucun soucis, cela passe inaperçu !

 


17h30

C’est au tour des porteurs, du géant et des musiciens d’arriver à leur lieu de prestation. L’hôtel particulier est magnifique, vraiment la classe ! On se sent tout petit… Il est temps de monter le géant et de s’installer…

 

18h30

Ca y est… Les mariés sont là ! Un premier air est joué dans la cour d’honneur pour les accueillir ainsi que leurs invités. Pendant plusieurs minutes, face au flot incessant des invités (près de 500), Baudouin IV danse et nous montre tout le savoir-faire des Athois.

Le public est conquis !

 


19h30

On est fin janvier, il fait aussi froid à Paris que chez nous... Il est temps de faire une pause et d’aller se réchauffer à l'intérieur… Le marié nous accoste un peu désemparé « Rah... J’ai une pompe à bière (bière de La Hamaide, brassée à Irchonwelz par la Brasserie des Légendes), mais personne n’est disponible pour la faire fonctionner, quelqu’un de votre groupe ne pourrait-il pas s’en charger ? » « Non peut-être ! » Ni une, ni deux, voilà nos porteurs planqués derrière le comptoir à servir de la bière comme dans nos ducasses… Ah là, on se sent bien ! Les invités sont tentés de goûter ce délicieux breuvage, un vrai succès pour nos douceurs locales.

20h00

Notre groupe de joyeux lurons sympathise avec une partie des invités. Chants en patois, airs de Ducasse, tout le répertoire y passe et les invités ne se font pas prier pour nous accompagner ! L’un s’empare de la grosse caisse, l’autre lance un solo de tambour… L’air fétiche de l’année dernière, le trio d’« Illico », est lancé accompagné des « papapam papapam pam pam » des trompettes, chantés par les convives. Tout en restant sobre et respectueux du moment, une bonne touche toute athoise se fit néanmoins bien sentir dans cette froide soirée parisienne.


 

21h30

Il est à présent temps de laisser les nouveaux mariés ouvrir le bal sur une magnifique valse et de regagner notre bonne ville d’Ath. « Tout le monde est là ? » « Non ! Il manque les sonneurs ?! Ils sont où ? » Grande recherche après nos deux compères que l’on retrouve, finalement aux bras de la mariée en pleine valse… Des loveurs ces médiévistes ! Après avoir remercié et salué nos hôtes et démonté le géant, le bus reprend la route après un dernier passage par l’Arc de Triomphe, les Champs-Élysées (Oh, le MacDo !).

 

Cette sortie restera un événement marquant de cette année jubilaire pour le géant, qui fêtera en 2017 son 5ème anniversaire. De plus, il est rare qu’une de nos postures se rende dans la capitale française, encore moins en tant qu’invité d’un mariage de la noblesse.

Un souvenir unique, très certainement !

 

L'arrivée des mariés en vidéo